Accueil Actualité

Actualité

Un monde calme et tranquille

Le vrai nom du peintre-poète Laoshu («Vieil Arbre») est Liu Shuyong. Il est professeur à l’Institut des médias et de la culture de Pékin et critique d’art réputé.

 

Chaque jour depuis 2011, il poste sur son blog une peinture accompagnée d’un poème. Ses abonnés se comptent maintenant par centaines de milliers. D’après Jean-Claude Pastor, qui préface l’ouvrage « Laoshu, un monde simple et tranquille », éd Philippe Picquier, l’artiste n’est pas un peintre traditionnel  même s’il fait appel à certains procédés picturaux appartenant à l’esthétique chinoise classique. Il introduit dans sa peinture des objets appartenant au monde moderne : téléviseurs, ordinateurs, horloges murales, lavabos, hélicoptères, sous-marins, soucoupes volantes... En optant pour des formats réduits, Laoshu a créé toute une série de « mondes en petit » où évolue un personnage sans visage. Portant une longue robe à larges manches, à la façon des lettrés de la Chine d’autrefois, il semble flotter dans un espace irréel et  onirique, hors du temps…. Cet homme, accompagné de son chat, vaquant à des occupations domestiques, s’adonnant à la peinture, ou flânant nonchalamment à travers des paysages fleuris, est le symbole d’une époque révolue. Face aux nombreux maux qu’il dénonce ouvertement : pollution, contamination de la chaîne alimentaire, médicaments frelatés, corruption, décadence des moeurs..., une profonde nostalgie étreint l’artiste. Les textes qui accompagnent les peintures sont le plus souvent des poèmes en vers de six caractères, ce qui leur confère une cadence particulière. Laoshu puise son inspiration chez les poètes de la période des Six Dynasties (IIIe-VIe siècle), dont il juge le style plus dépouillé et spontané.