2010

16 septembre 2010 ~ 31 janvier 2011
Photographies de Yann SAVALLE

 


Cinquième pays producteur et deuxième pays exportateur de riz au monde, le Vietnam consacre 80% de ses terres cultivables à la riziculture. La civilisation de la riziculture est apparue au Vietnam il y a environ 6 000 ans.
La riziculture a été considérée, pendant longtemps, comme le secteur le plus important du Vietnam et le riz a joué un rôle fondamental dans la sécurité alimentaire de la population.
Caractéristique de la région du Nord-Vietnam (Sapa, Lào Cai), les rizières en terrasses, irriguées par les torrents, sont bâties en veillant à la protection des forêts. Ce type de culture respectueuse de la nature, permet notamment de retenir l’eau de pluie et de préserver l’humidité des forêts.

 

Il existe trois types de culture du riz :

 

  • La riziculture inondée est pratiquée dans des zones alimentées par la pluie, ou par le ruissellement provenant d’un bassin local de réception. Le niveau d’eau n’est donc pas ou peu contrôlé ;
  • La riziculture de plateau dite « pluviale » est présente en Asie, principalement sur les rives des fleuves lorsque les eaux se retirent à la fin de la saison des pluies. Dans ce cas, la terre est préparée et ensemencée à sec ; 
  • Enfin, la riziculture irriguée, présentée dans cette exposition, est considérée comme la plus sophistiquée. En effet, elle implique le contrôle : à la fois de la présence d’eau et de son niveau par le cultivateur, l’installation de systèmes d’irrigation, le nivellement des terrains (par de petites digues), de même que l’entretien des rizières.

 

En Asie, le riz est le plus souvent repiqué dans ce dernier type de culture.
En parcourant la région de Sapa en mai 2009, à la découverte de cette culture du nord Tonkin, Yann Savalle raconte également l’histoire de cette région. Au coeur des provinces montagneuses du Nord, à Lào Cai, Pha Long, Tavan… et en compagnie des minorités Hmong fleuris, le photographe dépeint ces scènes de vie colorées qui font la fierté des ethnies minoritaires. Ces rizières en étages, «sculptées» depuis six générations par une seule famille Hmong, constituent des biens inestimables, un héritage légué à sa descendance et pour lequel toute la famille est mise à contribution.
Depuis 1998, le développement de cette culture spécifique a mis fin au débroussaillage et à la vie nomade de nombreux habitants. Aujourd’hui, la région tente, malgré l’augmentation démographique, de sauvegarder ses rizières en les faisant inscrire sur la liste des patrimoines nationaux.
Période propice au repiquage des plants de riz, le mois de mai a permis à Yann Savalle de révéler l’âme et la nature de la province de Lào Cai. La palette de couleurs de ces rizières en terrasses, symbolise la dureté d’un travail agricole manuel, où seul le buffle d’eau permet de labourer la terre. La beauté des plantations verdoyantes à perte de vue n’en reste pas moins sublimée.
 

Sarasvati, déesse des Arts, par Olivier Remualdo
du 19 mai au 13 septembre 2010

 


Olivier Remualdo, photographe amoureux de l’Inde, a réalisé de nombreux projets photographiques sur cette culture millénaire. Dans cette exposition, il nous invite à découvrir différents univers allant des musiciens du désert du Rajasthan, aux écoles de danses traditionnelles de Varanasi. L’auteur nous convie également aux célébrations de Basant Panchami dédiées à la déesse Sarasvati. Tout d’abord dans les ateliers de confection où des divinités éphémères en terre glaise sont sculptées et ornées par des artisans ; puis lors de processions religieuses, où les pèlerins mènent les icônes aux rives du Gange pour les immerger dans le plus sacré des fleuves de l’hindouisme.
Sarasvati, divinité indienne des arts, de la connaissance et de la transmission du savoir, est vénérée des artistes, musiciens danseurs, professeurs, étudiants, sadhous…

 

En 2006 Olivier Remualdo a réalisé le projet Mythic Sarasvati avec l’artiste plasticienne Sab Ji : six mois de voyage sur les traces du fleure disparu Sarasvati.
Récemment, Olivier Remualdo a exposé dans le cadre du 11e Festival de la photographie Méditerranéenne (Sept Of) à Nice un travail sur les buveurs de thé de Varansasi. Il a également été lauréat du concours international Blurb.com pour le livre « Sadhus of Benares », réalisé avec J.C. Ecrément.

 

 

 

maunoury.jpgIcônes des bords de routes en Inde, par Françoise Vernas-Maunoury
du 13 janvier 2010 au 17 mai 2010


 
L'Inde est un pays enchanté. Les dieux y côtoient les hommes à tous les carrefours.
On la découvre avec le regard de l'enfant à qui l'on raconte des légendes.
Le long des routes, ou dans les rues des villes, sur les murs, au pieds des arbres, l'oeil est attiré par la luxuriance des couleurs, la richesse des matières, la prolifération des formes.
La dévotion (Bhakti), partout présente, offre des aspects parfois inattendus. Une racine aérienne devient Hanuman, une pierre, Lord Shiva, un enfant est Krishna.

 

Les troncs des majestueux ficus religiosa (arbre sacré du Bouddha) portent les voeux et les prières des âmes ferventes ou superstitieuses. Les fils inlassablement entourés autour de leurs troncs marquent la permanence des désirs humains, jamais comblés.
Ce qui retient surtout dans ces brèves apparitions de temples de rue ou dans la dévotion aux arbres, c'est la matérialisation directe de l'élan populaire, incarné dans des matières colorées : poudres, fleurs, fils, jets de peinture, traces de mains protectrices, porteuses de l'espoir inlassable, la spontanéité du geste qui relie l'homme à ce qui le dépasse.

C'est cette émotion partagée qui rend le lieu sacré et qui touche le passant voyageur, même s'il n'a pas toutes les clés du panthéon.
On est saisi soudain par une ferveur, qui, au détour du chemin, ranime la nôtre.

Françoise Vernas-Maunoury a l'oeil du peintre sur la photographie.
Ses nombreux voyages en Afrique, au Moyen-Orient et en Inde, une quarantaine à ce jour, sont motivés par le désir de sentir sur place la vibration de la couleur elle-même.
Au travers de paysages, d'architectures ou de lieux de dévotion, le "lointain" est chez elle toujours "intime". Son travail, tant en peinture qu'en photographie est marqué par les traces de la mémoire. Elle pratique une sorte d'archéologie personnelle, créant des passerelles entre l'ici et l'ailleurs, le passé et le présent.
 

 


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