Enfants de Chine

enfants_chine_lightwindow.jpgPetits tigres et jeunes dragons
Du 17 décembre 2011 au 14 mai 2012

 

Exposition prolongée jusqu'au 20 mai inclus

 

Le thème de l’enfant est fort ancien dans l’art chinois. L’un des plus vieux témoignages à nous en être parvenu date du IVe siècle avant notre ère, sous la forme de petites pièces de jade figurant la silhouette de trois adultes et d’un enfant. Des représentations d’enfants, découvertes dans des tombes, remontant aux Han (206 av. J.-C. - 220 ap. J.-C), sont visibles sur des tuiles peintes et des dalles gravées, illustrées d’histoires édifiantes de piété filiale ou d’enseignement. Les enfants sont immédiatement identifiables à leurs costumes et plus encore à leur drôle de coiffure, la touffe de cheveux sur leur crâne lisse, emblématique pour des générations de Chinois de l’image des tout-petits. On avait en effet coutume de leur raser la tête à l’âge d’un mois, au cours d’une cérémonie appelée manyue, en prenant soin de leur laisser une ou deux houppettes de cheveux, sur le sommet et à l’arrière. La peinture narrative sur rouleau, les broderies sur soie, la peinture sur porcelaine, les figurines vont relayer ces représentations. Évoquant les modes de vie des différents groupes sociaux, elles sont porteuses de codes et de valeurs accumulés au cours de l’histoire et ne sauraient être réduites à de simples effets décoratifs.

 

 

 

Tigres et dragons

Dans l’imaginaire populaire chinois, le tigre est un animal féroce et courageux, doté du pouvoir de protéger l’enfant des esprits mal intentionnés. C’est pourquoi on habillait les tout-petits de chapeaux, de collerettes et de chaussons aux motifs de ce félin, donnant de lui l’image d’un petit tigre.
Quant au dragon, il est l’emblème de la famille impériale, réservé dès leur plus jeune âge aux enfants de l’élite, les jeunes dragons. Cette créature fantastique symbolise, depuis les temps les plus reculés, les puissances cosmiques, les forces bienfaitrices de la nature - comme la pluie-, les vertus nécessaires au bon gouvernement - comme la sagesse-,  ainsi que la force masculine. Le dragon fait partie des mythes fondateurs de la civilisation chinoise et a été adopté comme symbole par les empereurs.
Leurs costumes de cérémonie, ainsi que ceux de leurs dignitaires, tout comme les murs des palais, étaient abondamment décorés de cet emblème. À certaines époques, les vêtements ornés d'un dragon étaient un privilège strictement impérial, celui qui l’usait sans autorisation expresse risquant la mort.

 

 

La vie quotidienne

La vie quotidienne est abordée au travers d’un ensemble d’objets : vêtements, mobilier, accessoires, dessins, affiches… qui traduisent l’univers magique et singulier de l’enfance. Mais on s’aperçoit bien vite que nombre de ces objets expriment des codes bien spécifiques, riches en emblèmes de toutes sortes et qui ont pour vertu essentielle de conjurer les forces maléfiques qui pourraient nuire à l’enfant. En effet, en Chine, peut-être plus encore que dans d’autres pays, l’enfant, et particulièrement le garçon, est au centre de la société. Plus qu’un individu, il est considéré comme une véritable richesse, l’image de l’avenir, l’héritier du clan familial, qui doit permettre à ses parents et à ses ancêtres de connaître l’éternité à travers la permanence de la transmission ancestrale. On comprend alors mieux pourquoi, étant donné la très forte mortalité infantile qui sévit longtemps en Chine, il était l’objet de toutes les sollicitudes, et à quel point il importait d’assurer sa protection et sa survie par tous les moyens à la disposition de ses proches. 
Cette attention particulière portée aux enfants connaît évidemment des échos au sein des religions traditionnelles de la Chine.  Les « trois grands enseignements », confucianisme, bouddhisme et taoïste, ont développé des pratiques et une iconographie intimement liées au thème de l’enfance, en particulier avec l’apparition de divinités protectrices et donneuses d’enfants comme Guanyin, Budaï, Bixia, on encore les sept Immortels.

 

 

 

Les fêtes et les jeux

L’exposition ne pouvait se contenter d’évoquer ces deux mondes de l’enfance, celui de la Chine populaire et celui de la Chine des élites, uniquement au travers du mobilier de puériculture, des costumes, des accessoires ou encore des objets de superstition et de culte. Pour parler de l’enfance, il nous fallait également évoquer l’univers plus joyeux des jeux et des fêtes. Ainsi, cerfs-volants, théâtre d’ombres, fête du nouvel an, fête des lanternes, font référence à ces amusements et aux passe-temps prisés par les jeunes Chinois des villes et des campagnes. La pratique de certains jeux était aussi encouragée auprès des enfants de l’élite, car censée développer à la fois la dextérité et l’imagination. Le jeu de go leur était souvent réservé, car les pièces étaient chères, et l’apprentissage, complexe, exigeant les cours d’un « maître de go ». Moins coûteux, le Mah-jong et les combats de grillons étaient plus largement répandus dans la société. Les grillons étaient très appréciés des enfants, qui les conservaient dans des petites boîtes en porcelaine ajourées et décorées de scènes joyeuses, ou dans des cages de bambou ou de bois, dorées ou argentés pour les plus riches. Par ailleurs, l’instruction des enfants de lettrés et de fonctionnaires était très sévère et se faisait dans l’observance stricte des principes confucéens, cette sévérité s’expliquant par la nécessité de réussir les examens impériaux afin de ne pas attirer la honte sur le clan familial par un échec, et donc un déclassement social. Les cours tournaient autour de l’apprentissage de la calligraphie, considérée en Chine comme un art majeur.

 

L’univers des petites filles est plus particulièrement abordé dans l’exposition par la présentation de chaussures pour petits-pieds. La pratique singulière et très douloureuse du bandage des pieds débutait dès l’enfance. Elle concernait toutes les fillettes Han, bien qu’apparue à l’origine chez les femmes de l’élite, au cours du XIe siècle. Elle se répandit ensuite dans toutes classes sociales car posséder des petits pieds était devenu pour les plus modestes un moyen de conclure un bon mariage.

 

 

 

La période Maoïste et la politique de l’enfant unique

 

 La dernière partie de l’exposition est consacrée à l’enfant pendant la période maoïste, avec la présentation de jouets, d’accessoires scolaires, de livres et de cahiers pour l’apprentissage, d’objets à l’effigie de Mao ainsi que d’affiches de propagande sur le thème de l’enfance.

 

 

Enfin, cette présentation ne peut se terminer sans souligner l’évolution contemporaine de la société chinoise quant à ses enfants, conséquence des politiques de natalité. En effet, afin de limiter la croissance naturelle de la population, qui atteignait une ampleur plus qu’alarmante, les autorités chinoises ont mis en place, en 1979, la politique de l’enfant unique.

 

Extraits du livre d'or

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